Qui suis-je ?

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  • : Ma passion pour les mots alliée au temps que j'ai actuellement de m'y consacrer, me pousse à vous faire profiter de ma plume.... Outre les textes personnels, j'ai mis à votre disposition quelques fichiers permettant de gagner du temps. Ce sont quelques modèles de documents téléchargeables qui vous serviront probablement à un moment ou à un autre !!. J'espère que vous apprécierez le voyage en ma compagnie !
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La fin du mois de mai pointait le bout de son nez alors que les rapports entre le directeur et moi-même se dégradaient de plus en plus : j'avais failli donner ma démission tellement la pression était dense.... mais Denis, en conseiller attentif et responsable, me pressait de n'en rien faire.

Fin-mai, nous devions partir quelques jours à Villegly (à côté de Carcassonne) pour l'assemblée générale du Syndicat National dont notre activité professionnelle dépendait et pour lequel Denis exerçait la fonction de trésorier.

 

Ces quelques jours allaient nous changer les idées ! Lors de cette réunion, Denis suggéra d'ailleurs aux membres du bureau de me nommer secrétaire-adjointe. Par ce biais, et en cas de complications dans le cadre de ma profession, j'étais mieux couverte.

Ces quatre jours furent une véritable lune de miel ! Je l'avais enfin pour moi seule pendant 4 jours ! C'était le rêve. Me réveiller à ses côtés, partager son quotidien, me promener en sa compagnie en lui tenant la main....  bref, toutes ces choses qu'un couple amoureux partageait, je les vivais à mon tour.

 

À l'intérieur de mon corps, je sentais bien que rien ne s'améliorait mais empirait au contraire ...

 

Après un retour laborieux vers la Touraine le dimanche soir, nous rejoignîmes respectivement nos foyers.

 

Ce fut le lendemain, ce lundi 04 juin que le 3ème événement fit sa douloureuse apparition.

 

Il arriva avec fracas, rage et surtout souffrance. La douleur atteignait son paroxysme. Des coups de poignards me transperçaient le ventre. J'avais le sentiment que mon corps m'abandonnait tant le mal était tenace ... Le médecin téléphona sans attendre à l'hôpital de Chinon car j'étais en train de faire une occlusion intestinale.

Maman me conduisit directement aux urgences.

Alors que je me tordais de douleur dans la salle d'attente, je priais. Soudain, j'eus peur, peur de mourir, peur d'avoir perdu ma bonne étoile qui jusqu'à présent me guidait et me protégeait.

Ce fut alors une série d'interminables examens, prises de sang, sondes en tout genre, scanner, coloscopie... et enfin l'opération qui eut lieu le 07 juin - jour de l'anniversaire de maman !

J'avais une tumeur de 11 cm au niveau du rectum. On me l'ôta, on me sectionna une portion d'intestin puis on me fit une dérivation du colon et on pratiqua une colostomie (pose d'un anus artificiel à gauche du nombril).

Quand je fus réveillée, je vis cette longue cicatrice verticale d'environ 20 cm au milieu de mon ventre et une poche en plastique qui devait récupérer les selles.... Je me sentais  tellement impuissante.

Le chirurgien vint alors me donner des précisions sur mon intervention. Il m'expliqua qu'une biopsie de la tumeur serait effectuée. Avec une taille si importante, il y avait 75% de chance pour qu'elle soit maligne... Là, c'est le couperet qui tombe. On venait de m'annoncer que j'avais certainement un cancer. Le fait de prononcer ce mot m'effrayait. J'avais sûrement un cancer alors j'allais peut être mourir. Je rejoindrai mon père plus tôt que prévu. Alors que les évènements commençaient à tourner en ma faveur, que je n'avais qu'une seule envie : vivre, mais la maladie faisait barrage... Pourquoi ?!

 

Cette maladie était sans doute un signe pour la mission que je devais accomplir.... Tout ce que je souhaitais, c'était quitter mon travail, eh bien d'une certaine façon, mon vœu s'était exaucé !

Dieu nous envoie des épreuves alors je me battrai !

Je sus quelques jours plus tard par un collègue que le directeur avait dit "On a une secrétaire qui fait exprès d'être en arrêt de travail...! Quel tact pour un supérieur hiérarchique.....mais bon de sa part, cela ne m'étonnait guère. Je savais qu'il était content que je ne sois plus là.

 Le 18 juin, je  rentrai donc à la maison et retrouvai mon petit ange Mickaël qui avait bien grandi. Les épreuves faisaient mûrir. N'ayant pu obtenir d'aide ménagère de la part de la sécurité sociale du fait que mon fils avait un an de trop pour en bénéficier.... eh oui, des aberrations, il en existe à beaucoup de niveaux !, je demandai l'autorisation au collège afin que Mick puisse remplacer cette personne. Il m'aida jusqu'à la fin de l'année scolaire dans les tâches quotidiennes : ménage, vaisselle, repas etc.. Il fut sensationnel. À 15 ans, on avait pourtant d'autres préoccupations que de s'occuper de sa mère alitée !

Avec Denis, c'était pareil. Il m'entourait de son amour.  Mes collègues prenaient très souvent de mes nouvelles et Denis se faisait l'intermédiaire entre la direction et moi-même. Il fut extraordinaire et d'une patience infinie. Tous ces chamboulements n'étaient pas simples à gérer pour lui aussi ! Nos rapports ne s'en étaient que plus approfondis. J'étais sa petite poupée de verre qu'il redoutait de casser...

 

J'attendis donc les résultats de la biopsie avec angoisse et espoir aussi. Qui sait, je ferai peut être partie des 25%....

 

Ce ne fut pas le cas. J'eus rendez-vous avec la cancérologue. Denis m'accompagna. Je n'avais pas le cœur de m'y rendre seule. J'eus raison de cette initiative car ce qu'elle nous annonça me glaça. J'avais des nodules cancéreux sur le foie (14 environ). Je lui demandais alors si cela se soignait bien.

Elle me répondit « ça se soigne .... » ce sur quoi je lui dis « Bien, c'est autre chose ? », elle ne répondit rien.

Je devais commencer la chimiothérapie le 21 juillet - jour de l'anniversaire de Mickaël !

 

Décidément, ces dates ne me quittaient pas ! Bon ou mauvais présage ?

 

Quelques jours s'écoulèrent avant que je ne reçoive des directives pour passer des examens complémentaires. Je sus alors que le chirurgien et un autre spécialiste étaient en désaccord sur le cancer qui me rongeait. L'un disait qu'il était d'origine génétique et le 2ème neuroendocrinien.

Je subis donc une nouvelle coloscopie qui établit que le colon était sain. Une IRM conclut à un cancer neuroendocrinien car aucun autre organe n'était touché (le médecin qui nous reçut avec maman nous rassura car celui-ci se soignait beaucoup mieux). Enfin une nouvelle heureuse !!

Je dus enfin subir une ponction sous scan d'un des nodules du foie pour confirmer le diagnostic de l'IRM. Ce fut  également le cas !

Le protocole de chimiothérapie put enfin être peaufiné ! Cela faisait plusieurs mois que j'attendais d'être soignée et je commençais à trouver le temps long, d'autant que les nodules augmentaient en nombre mais aussi en volume ! Nous étions déjà mi-août !

 

Fin août arriva et j'eus confirmation du commencement du traitement. Je m'y préparais donc non sans une certaine appréhension ! Allais-je bien supporter ces produits chimiques moi qui étais si sensible aux nausées... J'allais devoir rester 3 journées consécutives chaque mois et on m'annonça également que je n'allais pas perdre mes cheveux !. Par contre, les corticoïdes étant fort nombreux pour me protéger des nausées, je boursouflerai... mais ce serait de courte durée.

Le premier mois fut difficile et je n'eus environ que dix jours sans nausée. Les premières journées, je ne me reconnaissais plus tant mon visage avait changé à cause de la cortisone. Imaginez vous prendre neuf kilos en trois jours, cela ne passait pas inaperçu !!! Je perdis quand même mes cheveux très rapidement ! Je dus donc me résigner à porter une prothèse capillaire. Ce fut une autre épreuve pour mes proches et moi ! Me voir le crâne rasé... on se sent vraiment malade !

 

Fort heureusement, cette perruque me permit de changer de look et je m'y étais bien habituée !

 

À la 2ème séance de chimio, je restai sur place à Chinon et bénéficiai de séances d'acupuncture contre les nausées. Celles-ci ont été particulièrement bénéfiques car je ne ressentis de désagrément que pendant 2 jours !

 

C'est incroyable comme la médecine chinoise est complémentaire de la médecine traditionnelle.

 

Une IRM est programmée le 12 novembre prochain. Nous verrons donc si le traitement s'est avéré efficace !

Entre temps, je retournai voir la médium qui vit que l'aspect du foie s'était amélioré et les nodules avaient diminué..

 

Je lui fais confiance. Je suis de plus en plus persuadée que cette épreuve n'est pas anodine. Elle me permettrait de recommencer autre chose au niveau personnel et surtout professionnel.

J'attends de nouveaux signes du destin, mais j'ai confiance en l'avenir. De plus je suis très bien entourée.

J'ai une famille formidable qui m'accompagne, un compagnon fantastique avec qui je partage des instants fabuleux, des amis fidèles qui sont plus nombreux que je ne le pensais ! oui vraiment, je n'ai pas de raison de me plaindre. Certains êtres n'ont personne à qui parler ou se confier.

Moi, j'ai cette énorme chance, et je pèse mes mots.

 

Que sont les petits tracas du quotidien à côté de cette joie intense que l'on a de recevoir ou de donner. C'est en cela que l'Amour est un bien si précieux. On ressent un bonheur indescriptible dans ce don de soi. Dans notre vie, on oublie trop souvent que l'on n'est pas seul.


On a l'impression que notre souffrance est la plus grande alors que l'on ne se trouve pas dans le cœur des autres. Il est bon de se préoccuper de son voisin, de son frère, de sa mère... de chaque être qui est probablement dans la peine ou la détresse, mais qui ne le manifeste pas car il croit que son mal intérieur est moindre au nôtre ou car il n'ose pas en parler, tout simplement.... Allons vers l'autre et soyons proche. 

 

Je vous semble moraliste dans mes propos ? eh bien peut être, mais c'est pour la bonne cause, car la vie est courte ! Inutile de la gâcher stupidement.

 

Comme disait si justement le renard du Petit Prince de
St Exupéry : « On ne voit bien qu'avec le cœur, l'essentiel est invisible pour les yeux, c'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante. »

 

Au cœur de cette maladie qui me frappe, c'est quelque chose que je viens de comprendre.

 

J'aime la VIE et elle me le rend bien !

 

Merci de ce cadeau inestimable !


Quelques mois se sont écoulés depuis mes séjours réguliers à l'hôpital de Chinon.

Pour le moment les chimiothérapies se déroulent correctement, hormis quelques effets secondaires très passagers. J'attaque donc le 14 janvier une ultime série de 3 jours ! Enfin, le bout du tunnel approche. Que donneront les derniers résultats ?

Je repasse une IRM le 28 janvier et un scanner le 1er février. Nous saurons enfin si le traitement aura fait de l'effet et pourrons connaître le protocole à suivre pour la suite des évènements. Je devrais malgré tout revenir à Chinon le 11 février et ils aviseront sur le traitement à prescrire. D'autres séances de chimio ne sont pas exclues...

Entre temps, je suis retournée voir Mme Boutin (la médium) afin qu'elle me dise ce qu'elle pensait de l'état de mon foie.

A priori, ce devrait être stationnaire mais l'IRM serait bon. Je devrais poursuivre par une chimiothérapie par médicaments. Elle ne voit pas de rayons dans les mois à venir.

Côté sentimental, mes rapports avec Denis sont toujours aussi passionnés et mon cœur bat la chamade à chaque fois que je le vois ou l'entends. Il me transporte au-delà des montagnes, c'est fou ! Le sentir près de moi me rend folle de bonheur et de tristesse aussi... et lorsque il est absent durant quelques jours, je suis fébrile et j'attends avec impatience le moment où l'on se rejoindra. Je ne dois cependant pas me plaindre car il me téléphone au moins 2 fois par jour, et ceci depuis le 21 octobre 2006 ! C'est dingue ce qu'un sentiment amoureux peut produire. On a envie de partager ce quotidien. Même dans mes rêves les plus lointains, je n'aurais imaginé aimer autant un être. Sa passion me dévore et me rend avide. Le temps passe trop vite en sa compagnie ! et je ne voudrai pas qu'il s'évapore aussi rapidement.

Même s'il me dit qu'il n'y a plus rien (physiquement et émotionnellement parlant) avec sa femme, je ne peux m'empêcher d'être chagrinée de cet état de fait. Chagrinée est d'ailleurs faible, car j'enrage en fait. Parfois, j'ai envie de tout quitter, de le mettre devant un choix pour savoir, savoir s'il m'aime si fort qu'il le sous entend. Par moment, je ne sais plus. J'ai peur de ne plus savoir. Combien de temps va-t-on encore jouer au chat et à la souris ? Il se montre quelquefois si déroutant sous son aspect abrupt. Je ne sais pas comment le prendre car j'appréhende ses réactions. Je sais qu'il n'aime pas quand je suis triste, quand j'ai le moral « dans les chaussettes ». Alors, je reste avec mes anxiétés - même si je crève de lui crier que cette situation me pèse plus qu'elle m'apporte....

Il m'a fait sourire l'autre jour. Alors que c'était une de ces journées « sans », il m'a dit avec insistance « Je ne t'ai jamais trompé, et c'est moi qui te dis ça... "» C'est vrai que cela peut sembler ironique ! C'est moi qui suis libre, lui marié et il m'avoue ne pas me tromper ! Je suis envieuse malgré tout de cette femme qui partage ses nuits et ses jours ! J'aimerais que ce soit moi qui vive ces moments.

L'amour est une aventure bien complexe à réaliser finalement. Ces instants volés demeurent toutefois délectables.

Si je dois être honnête avec moi-même, dans la situation actuelle des choses, qu'adviendrait-il de notre relation si nous la consommions actuellement ?

Je vis seule avec Mickaël depuis 9 ans. Cela implique des habitudes évidentes ! Je me lève tard le matin (hors période professionnelle, bien entendu !), mange quand j'ai faim, m'occupe de mon intérieur assez irrégulièrement (je ne suis pas ce qu'on qualifie une accro du ménage !!!). Eh oui, je suis « un brin » désordonnée ! Bref, c'est toute une gestion qui ne facilite pas la vie à 2, d'autant plus lorsque le conjoint apprécie une certaine rigueur.

Si nous devions nous installer ensemble, nous aurions sans doute des soucis de cohabitation au départ, et je n'ai surtout pas envie de gâcher cette complicité que nous connaissons actuellement pour un essai de vie à trois qui serait compliqué, voire critique - Mick ayant lui-même pris les malheureuses habitudes de sa mère !

 

Par ailleurs, mes différents bouleversements physiques entraînent une gestion journalière peu aisée. Il est évident que tant que je n'aurai pas été opérée à nouveau du colon et que cette colostomie n'aura pas été retirée, je préfère patienter pour entreprendre quoi que ce soit. Les effets secondaires se font de temps à autre ressentir et ce n'est pas facile pour celui qui vous accompagne de subir ces contrecoups ! Pour le moment, c'est à Mick qu'incombe cette responsabilité, bien malgré lui d'ailleurs ! Je me mets à sa place car la situation s'avère parfois délicate et il réagit comme un adulte, sans sourciller et en s'y prenant au mieux.

Je pense qu'au niveau de Denis, il en est de même. Il a déjà accepté beaucoup de mes changements et ce n'était pas confortable pour lui non plus. J'ai envie de redevenir FEMME à part entière et ne pas lui imposer cette détérioration corporelle provisoire (poche pour récupérer les selles, pilosité quasi inexistante, cicatrice et sautes d'humeur liées au mal être que je vis parfois face à la situation !). Vivre tous les jours ainsi n'est pas une sinécure. Il est nécessaire de prendre du recul et songer à l'autre. Ce ne peut être que bénéfique pour la suite. Laisser le temps au temps, c'est ça le principal.

Une chose est claire, si Denis ne veut rien avouer, pour l'instant, au sein de sa famille à propos de notre relation, ce n'est certainement pas par manque d'amour à mon égard mais uniquement car le moment n'est pas propice.

La maladie qui me ronge n'est pas encore révolue et de son côté les conditions s'avèrent défavorables pour envisager un quelconque départ : d'un point de vue affectif déjà.

Bref, tous ces éléments engendrent des entraves évidentes mais non permanentes. Quelquefois la précipitation n'est pas bonne conseillère et je crois qu'il a raison. Je dois seulement avoir confiance en lui.

J'aimerais tant savoir quoi faire... Papa, aide-moi à y voir clair, tu me manques et j'aimerais tant pouvoir te parler. Je me sens tellement triste en ce moment. Je suis perdue à cause de cette maladie que j'aimerais voir achevée. J'ai peur de mourir. On me croit forte car je donne cette image de joie et d'optimisme au-dehors. Je le suis sans doute, mais en dedans, je boue et cette chaleur m'étouffe parfois. Je me sens prisonnière car je ne la maîtrise pas. 

Côté professionnel, de nombreuses choses ont évolué depuis mon départ. J'ai eu une remplaçante - Alex, qui a connu malheureusement cette pression liée à mon poste. Elle est restée environ 4 mois puis a dû s'arrêter car les médecins ont malheureusement diagnostiqué un cancer du rein.... Décidément, ce poste est maudit ! Trop de travail, pas d'aide ou si peu..., une demande d'initiatives persistante et une direction toujours aussi inexistante ou tout du moins présente surtout par le biais des reproches !

Avec Alex, j'ai bien sympathisé et nos opinions se rejoignaient en ce qui concerne cet encadrement néfaste. Bien que nous ne nous connaissions que par le biais du téléphone, le courant est bien passé et nous devrions dans les mois à venir se prévoir un petit resto.


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Dimanche 6 juillet 2008
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