Nous étions tout jeunes; nos parents habitaient Bègles à seulement 5mn en marchant vite, les uns des autres.
Grand-mère faisait le va-et-vient entre nos deux maisons presque quotidiennement.
La nuit, tu avais besoin de sa présence, Patrick, pour t'apporter les soins indispensables en cas de crise
d'asthme.
Bien plus tard, lorsque Claude,alors, mon fiancé, était en Algérie, pour ne pas me laisser seule perdue dans ma campagne, c'est encore elle qui venait me tenir
compagnie.
Elle était solide comme les Pyrénéens, ses ancêtres. Notre arrière-grand-père, le "vieux" Saint-Jean comme on le désignait en
catimini car il était très strict et autoritaire mais par ailleurs d'une grande générosité - ainsi, tous les dimanches il invitait à sa table une pauvre mendiante pour partager leur repas dominical
- était venu à Bordeaux gagner sa vie . Il transportait sur son "diable" les bagages des voyageurs trop chargés. Quant à sa femme originaire de la Corrèze, elle était culottière et ses filles
parcouraient les rues de la ville pour aller chercher ou rapporter les commandes.
Le voici avec son petit-fils Robert.
Il en avait deux autres: André Dumas et Pierre Chailloux. Ce dernier devenu prêtre, s'était noyé accidentellement au Vieux Boucau en 1947 à l'âge de 27 ans !
Quant à André, il a vécu à Bx jusqu'en 2000 et s'est éteint peu de temps après maman, sa cousine.
I
C'est peut-être là que grand-mère a atttrapé le virus de la bougeotte ? Combien de fois nous
a-t-elle emmenées en voyage, Francine et moi, chacune notre tour. Et combien de fois aussi est-elle allée vous voir en colonie, ta soeur Hélène et toi ! Bien sûr elle était cheminote, tout comme
son mari Alfred, notre grand-père. Mais elle ne l'aurait pas été qu'elle se serait quand même débrouillée pour nous rendre service à tous.
C'était une maîtresse femme et elle a très mal vécu son vieillissement et son départ en maison de retraite. Maman ne pouvait physiquement plus s'en occuper. Claude avait proposé de l'emmener chez
nous ici à Villaines . Nous nous serions relayés d'un semestre ou d'une année à l'autre, nous ses petits-enfants. Mais Robert a opté pour la maison de retraite en Gironde et malheureusement,
grand-mère ne l'a jamais accepté. Elle s'est plus ou moins laissée mourir...
Elle avait 89 ans et fut la première d'une série qui vit partir mon beau-père 70 ans, papa 71, ma belle-mère 74 dans les cinq années qui suivirent.
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Lundi 21 septembre 2009
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