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A propos des oiseaux, un jour de grand vent il était arrivé une drôle d’aventure à un
petit geai. Notre maison est bâtie au milieu des arbres et en particulier des pins. Là, nichent des pigeons, pies et geais. Au matin, j’avais vu outre les branchages, aiguilles et autres pignes
tombés, un oisillon dont le bec ouvert montrait assez qu’il n’était pas content de se trouver à terre. Apitoyé par ses piaillements, et ne voulant pas être responsable de sa mort (les prédateurs
ne manquent pas !) je le recueille et l’amène à la maison où je lui fais un petit nid et l’approvisionne en eau et en pain mâché que je lui fais avaler.
L’après-midi, Claude et moi partons pour notre tour du propriétaire quotidien en emportant le geai qui, rassuré, grimpe sur mon épaule. De là, sur ma tête. En me gratifiant de légers coups
de bec, comme des caresses. Mon but n’était pas de
l’apprivoiser, mais de le rendre à la nature afin qu’il puisse vivre sa vie. Je le pose donc sur le toit d’un cabanon tout proche. Il se met à crier et prenant son élan me rejoint. Ce manège a
duré plusieurs jours. La nuit, nous avions installé son nid dans la véranda…et voilà qu’un matin nous entendons de grands coups de bec dans les vitres et voyons passer en force un énorme geai (la
mère sans doute) qui voulait attirer son attention. Que s’est-il passé pendant la nuit suivante ? Je l’ignore. Nous l’avons trouvé raide mort !
Un autre oiseau nous poursuit de ses assiduités. Un merle. Depuis un an, depuis le jour où Claude ouvrant la porte du garage extérieur y a trouvé une merlette morte. Ce merle s’est mis à
piailler et tous les jours, il se présente au pied de l’entrée de la salle à manger, vole à la verticale pour en atteindre les carreaux, et ne cesse de donner des coups de bec dedans tout en
laissant tomber des fientes. Nous ne savons comment nous en débarrasser, étant incapables de déchiffrer son message. Un jour il va bien me casser une
vitre !
D’autres représentants de la gent ailée nous sont coutumiers. Tels les roitelets, pinsons venant picorer les miettes de pain sur la terrasse -monsieur et madame alternant leurs
vols- ;
les mésanges , les plus hardies étant les bleues qui bien que plus petites que leurs consoeurs charbonnières font la loi ; les troglodytes dont le nid minuscule se terre au pied des
haies ; les sitelles grimpant le long des troncs comme des piverts ; sans parler des rouges-gorges que nous retrouvons aussi à St Brevin de même que les écureuils. A propos de ces
derniers que l’on dit rien moins que familiers, une petite anecdote tendant à prouver le contraire. Pendant l’été nous laissons volontiers les fenêtres de l’étage ouvertes jusqu'à la tombée de la
nuit. Un après-midi Philippe me dit : « Maman, je viens de voir un écureuil monter dans ma chambre ». Souriant de sa naïveté, je lui réponds dans un haussement d’épaules :
« Tu as rêvé, ils sont bien trop sauvages. » Et la nuit suivante, Claude et moi sommes réveillés par le chatouillement d’une queue touffue, qui nous balaie le visage…Branle-bas à
l’étage, impossible de savoir où il se cache. Nous reprenons tant bien que mal notre nuit interrompue. Et le lendemain, nous retrouvons le fautif tapi sous le lit de Phil. Malgré ses ruses,
Claude parvient à le capturer dans un piège à abeilles, pour le remettre en liberté. Dorénavant nous fermons nos fenêtres plus tôt. Une semaine après cet incident, Claude bricolait dans le garage
de la maison, quand soudain il sent une présence à ses pieds. Il regarde et ahuri, s’aperçoit qu’il est entouré par trois bébés écureuils, sortis de derrière le frigo. Aussitôt après, leur mère
les a fait déménager, ces petits curieux. Pendant la saison estivale, nous ne manquons pas d’être réveillés à St Brévin ou ici par les joyeuses gambades de ces intrépides grimpeurs tournant
autour des troncs et y jouant à cache-cache. Quel remue-ménage ils font là-haut dans les sapins ! C’est moins drôle quand ils nous lancent une pigne sur la tête ou sur les tuiles ;
Combien avons-nous dû en remplacer, fêlées par ces bombardements !
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