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Conformément à cette volonté
d’aller au bout de ce qu’il entreprenait, Claude voulait se donner les moyens d’y parvenir en recherchant tout ce qui lui semblait utile à son
entreprise. Pour la documentation de son livre de souvenirs sur l’Algérie, il avait essayé de trouver par l’intermédiaire d’internet, d’autres appelés du contingent ayant accompli leur temps de
service dans les mêmes années et la même région que lui. Un seul lui avait répondu. Avec qui il est resté en relation épistolaire. Et comme c’est un Alsacien qui habite près de chez les Stark,
nous avons eu l’opportunité d’être reçus très amicalement chez lui. A leur tour, Mathilde sa femme et lui, Pierre, sont devenus des amis.
D’autre part, Claude avait écrit à Vincennes où sont archivés les documents militaires et nous avions pu consulter presque tout ce qui l’intéressait (sauf les « journaux
de marches et d’opérations », interdiction faite par Mme la Ministre de la Défense).La recherche d’un éditeur n’a pas été une sinécure. Mais le but premier était atteint, à savoir de mettre
par écrit tout ce qu’il avait sur le cœur depuis cette « villégiature » forcée de l’autre côté de la Méditerranée. Et grâce à ce premier pas, il avait pu rédiger le livre sur Villaines,
qui lui n’est passé que par un imprimeur de la région et lui a donné le plaisir de constater qu’il s’est bien vendu !
Lorsque j’avais débarqué à Villaines, j’avais tout de suite été accueillie à bras ouverts par mes
futurs beaux-parents. L’anniversaire de Claude tombant le 10 octobre (donc peu de temps après mon arrivée) nous avions été invitées, grand-mère et moi à partager le gâteau. Paulette était
également de la fête. C’est à partir de ce moment que Claude m’avait remarquée et avait jeté son dévolu sur moi. Pour ma part, j’avais été un peu déçue de constater qu’il s’attachait davantage à
considérer ma collègue que moi-même. Comme quoi, on peut se tromper ! Dans ma famille, on avait peu l’habitude de confectionner des pâtisseries, même à l’occasion de fêtes ou anniversaires.
On se contentait de s’embrasser en échangeant des souhaits. C’était moins dispendieux. Mais je me suis rendu compte que là, c’était tout à fait différent. Pendant tout le mois de janvier, nous n’avons cessé de partager des galettes avec les uns ou les
autres.
C’est à cette époque que grand-mère, très attirée par les bonnes choses, avait grossi de quatre kilos et dit bonjour au cholestérol… Ayant été habitué à cela, il n’était pas étonnant que Claude
soit gourmand, de gâteaux surtout. Après son retour d’Algérie, il a donc fallu que je m’y mette aussi. Comme j’avais gagné un livre de recettes en participant à un concours de RTL, mon mari avait
mis la main à la pâte et plusieurs fois de suite, il avait réussi à confectionner de bons gros choux à la crème. Jusqu’au jour où… la pâte étant trop liquide et ses pets de nonne ressemblant
davantage à de pauvres galettes raplapla, de rage, il avait tout jeté à la poubelle. Et ce fut fini. Plus question de pâtisser. En 1988, afin de célébrer le dernier examen de Philippe, et les
relevailles de mon intervention chirurgicale, nous nous sommes offert le restaurant à l’auberge du XIIème de Saché. Décor haut de gamme, serveurs stylés à l’affût de nos moindres désirs,
assiettes abondamment ornementées, peu de bruit puisque nous étions quasiment les seuls convives. Claude avait choisi du poisson et des profiteroles au chocolat, car déjà il était astreint à un
régime. Nous étions un peu désappointés n’ayant eu droit qu’à des portions congrues et la faim nous tenaillait. Le dessert arrive : 2 minuscules choux (aussi volumineux que ceux de
Bruxelles). Nous nous sommes regardés, avons réussi à nous retenir de rire, et sitôt revenus à la maison, nous nous sommes mis à table. Lors des repas de Noël ou 1er de l’an,
dorénavant, c’est Philippe qui s’ attache à confectionner les choux à la crème.
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