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Notre propriété, telle qu’elle est constituée
aujourd’hui, nous l’avons obtenue en plusieurs épisodes. Nous cherchions un terrain arboré, surtout avec des pins (les réminiscences landaises). La fameuse parcelle répondant à nos désirs une
fois repérée, Claude avait pris contact avec les propriétaires, des Villainois. Puis avec tous ceux qui possédaient les longues bandes la joignant à la route départementale. Il en a fallu des
échanges non seulement de paroles, de rendez-vous manqués ou d’allers - retours mais aussi de bois cédés en contrepartie d’un terrain attenant. Nous avions dû acheter le contenu d’une succession
pour être en mesure de contenter un propriétaire qui ne désirait nous céder sa parcelle que moyennant un des terrains (deux fois plus grand et boisé que celui qu’il nous échangeait ) de ladite
succession. Tous ces morceaux acquis de part et d’autre nous ont été échangés, lors du remembrement contre le terrain de la piscine
et du verger. La châtaigneraie ne nous appartenait pas. En octobre, lors de la chasse, nous n’étions pas très rassurés par
les tirs qui bien que réglementés, n’étaient pas toujours en accord avec la distance à respecter. Sur la pelouse voisine, tombaient parfois des plombs, ce qui n’était guère rassurant mais aussi
de grosses châtaignes. Il nous est arrivé avec les enfants, malgré l’interdiction de Claude, de passer de l’autre côté du grillage afin de ramasser ces bons gros fruits bien luisants dans leur
bogue écartelée, et de nous en régaler. Nous raffolions tous les quatre des bûches aux marrons. Avant que Philippe ne se spécialise dans la confection des choux à la crème pour Noël, c’est ce
dessert que je faisais habituellement. Quelques années plus tard, la propriétaire de cette châtaigneraie, nous l’a proposée par téléphone. Comme le prix correspondait à sa valeur, Claude n’a pas
hésité et a fait tout de suite affaire. De nouveau nous avons joué les défricheurs. Que de week-end nous y avons passés ! Un jour, dans le creux d’une souche, nous avons découvert une belle
salamandre dorée qui y avait pris ses quartiers d’hiver. Plus loin, une pauvre taupe que les rigueurs avaient sans doute prise au dépourvu. Des terriers inoccupés de renard, sans doute (nous en
avions vu se faufiler un au bas de la falaise). En effet, ce terrain ressemble à une carrière désaffectée où auraient poussé en contrebas des châtaigniers et le long de la pente surtout d’énormes
chênes. Tout le long de cette parcelle coule ce que l’on appelle ici une rouère, sorte de fossé où circulent les eaux de ruissellement arrivant des terrains situés en amont. De l’autre côté se
trouve un pré où s’ébattaient allègrement deux chevaux et un poulain. L’agriculteur qui en avait la jouissance arrivant à l’âge de la retraite n’a rien trouvé de mieux que de proposer à Claude
d’acquérir le pré. C’est à Ligueil que nous sommes allés conclure l’affaire. Comme je venais d’achever ma carrière, j’ai donc commencé à défricher seule, en attendant que Claude me donne un coup
de main le samedi. Armée des sécateurs, du volant, de la scie et des gants, je me suis attaquée courageusement, à une barrière de 8m d’épaisseur et 2m de haut constituée essentiellement de ronces
et de plusieurs grillages à moutons…Par la suite, c’est Pompon ( notre tracteur ) qui a fait le gros du travail. Evidemment nous avons dérangé quantité d’oiseaux nichant là depuis fort
longtemps ; J’ai trouvé dans l’herbe un nid comptant quatre œufs qui m’ont semblé appartenir à une caille.
Quand tout a été propre et clôturé, c’est là que nous avons décidé de faire creuser l’étang.
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