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Après un
tel constat, il n’était plus question de naviguer sur l’Atlantique. Aussi l’idée germa dans le cerveau de Claude, de faire creuser un étang pas loin de chez nous, afin d’y pratiquer ce sport qui
ne demande aucun effort particulier, donc pas de dopage, la pêche.
L’opportunité s’étant présentée d’acquérir le terrain en pente où
gambadaient joyeusement trois chevaux, derrière chez nous, c’est là que nous réalisâmes notre vœu. Bien nous en prit, puisque malgré une succession d’années sèches, le niveau de l’eau s’est
toujours maintenu en adéquation avec la présence de poissons. Mickaël, digne successeur de son papiot, aime bien à son tour s’occuper des locataires de l’étang. Voici quelques années, la
température avait tellement baissé qu’une couche de glace en recouvrait la surface.
Notre petit chat, curieux et intrépide, s’y était aventuré. Parvenu au milieu, nous percevons un très léger craquement. Une seconde d’hésitation et le voilà qui se met à bondir en direction du
bateau où il trouve un refuge opportun. Il n’a plus été question pour lui de revenir pêcher les grenouilles imprudentes qu’il attrapait d’un joli coup de patte. Lorsque nous avions emménagé en
1975, les enfants et nous étions d’accord pour qu’un représentant de l’espèce féline nous tienne compagnie. Annie nous avait alors gardé un de ses chatons. Elle était adorable cette petite
chatounette. Caressante, propre, se laissant manipuler sans broncher, mangeant de tout, frites, moules (non elle n’était pas belge) souris qu’elle attrapait à foison, mais abandonnant mortes
devant notre porte les musaraignes qui avaient le malheur de tomber entre ses pattes. Elle ne quittait jamais la propriété, ne s’aventurant pas sur la route en bas où la vitesse n’était pas
limitée. Mais un dimanche que nous étions allés rendre visite à des amis, elle nous a cherchés en vain, et les herbes de la berme trop hautes l’ont
empêchée de voir le véhicule assassin. Toute la semaine suivante, la maison a été en deuil. A partir de ce jour nous nous sommes promis de ne plus avoir de chat. L’hiver précédent, elle avait eu
des petits. Claude, bien malgré lui s’était vu contraint de les faire disparaître. Le soir venu, voilà notre jeune maman affolée, cherchant partout ses héritiers. Ne cessant de faire des allées
et venues de la maison à l’endroit où dans le bois elle s’était aménagé un lit douillet. Quel crève-cœur de la voir si malheureuse ! Tout en miaulant désespérément, elle regagne sa couche et
nous la nôtre. Soudain en pleine nuit, un grand bruit de chute provenant de la salle à manger nous réveille. Aussitôt Claude se lève et se précipite vers le séjour. Un petit diable noir de suie
se faufile entre ses jambes, grimpe quatre à quatre l’escalier et illico se fourre sous l’édredon de Florence. C’était bien sûr la chatte, qui s’était débrouillée pour retrouver un peu de chaleur
humaine en jouant les « père noël ». On parle de l’agilité des écureuils, mais l’instinct de survie donne aussi des ailes à d’autres êtres vivants.
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