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Bonne visite !!!
En descendant du vélo, il marque sur un graphique le kilométrage parcouru en fonction de la difficulté affrontée, et se rend compte ainsi de ses progrès ou régressions. Ce rite accompli, il va à la cuisine se préparer un grand verre de boisson à l’orange. Assis au bout de la table, soudain un étau l’enserre de plus en plus fort. Juste le temps de poser le verre, d’avaler la première gorgée. Qui n’a pas la possibilité de gagner l’estomac. « Que m’arrive-t-il ? Au secours ! » Mais ces mots ne franchiront jamais ses lèvres. Seul un râle mêlé à un gargouillis va m’attirer vers lui.
Clapotis des vaguelettes contre la coque de « Phlipper ».
St Brevin, les vacances en août.
Nous avions acquis le terrain en 1963. Les locations, même avec mes parents revenaient trop cher. Et en mai 1965 la maison était sur pied. Pas de garage en ce temps, et les plantations ne
donnaient que peu d’ombre.
Durant tout le mois d’août 1964, Claude allait y travailler chaque après-midi pour défricher. Parfois, accompagnée de Flo, j’allais l’aider et notre fille jouait avec sa voiture bleue, parfaite
réplique de notre Ami 6, à laquelle elle tenait beaucoup ; ce qui ne l’avait pas empêchée de l’oublier un jour sur le terrain. Et le lendemain la petite voiture avait disparu…
Dans les années 70, d’autres Tourangeaux ont eu l’idée de venir s’installer aussi sur la côte pas très loin de chez nous. Et ce fut l’occasion de retrouvailles pour les baignades sur la plage de St
Brévin, de cueillettes de coques, pique-nique sur les îles, nom pompeux des bancs de sable découverts à marée basse, que nous rejoignions en bateau.
Le vent particulièrement tenace, ces années-là, ne nous facilitait pas la tâche et il nous est arrivé d’avaler autant de grains de sable que de bouchées de sandwich ! Un peu plus tard, il y
eut un autre bateau acheté par nos amis. Et ce fut l’occasion de formidables balades… et slaloms dans le port de La Plaine. Le pilote de cette seconde embarcation était plus terrien que marin
mais devant notre insistance à vouloir faire une mini croisière, il ne s’était pas fait prier longtemps pour nous faire faire plusieurs fois le tour des bateaux amarrés dans ce petit port.
N’exagérons pas.
Marcel, Pierrot, Michel et Claude, pêcheurs passionnés, n’hésitaient pas à prendre le large, sur notre youyou poussé par un moteur de 3CV pour aller
taquiner les anguilles, maquereaux et autres. Le ciel n’était pas souvent d’un bleu limpide et la mer secouait assez rudement nos apprentis marins. Alors, suivis de la cohorte des
yachts aux moteurs de 50CV et plus, qui les prenaient sans doute pour des gens avertis, ils reprenaient la route en direction du port, et quand les
vagues faiblissaient, mettaient de nouveau à l’ancre, aussitôt imités par les plaisanciers.
Pour être autorisé à naviguer avec un moteur de puissance supérieure à 9CV, il était obligatoire de passer le permis mer. C’est ce que décide Claude, trouvant que Phlipper nous donnerait plus de possibilités de loisirs avec un moteur de 25CV. Il s’inscrit donc avec Bruno, Jean-Philippe et quelques autres, allant sur le Cher prendre des cours pratiques avec un moniteur. Le jour de l’examen ils se présentent tous. Le courant était assez fort. Claude devait venir s’amarrer le long du quai à la fin des épreuves. Une fois, deux fois, impossible de réussir. Impatienté, l’inspecteur prend sa place et lui dit : « Regardez comment il faut faire. » Le voilà qui commence la manœuvre, sans résultat. Deuxième tentative, deuxième échec. Du coup il se retourne vers Claude et en souriant lui annonce « Effectivement, aujourd’hui, pas question de s’amarrer correctement. Je vous donne votre permis. »Sauvé ! Il a aussi bien fait que pour la voiture. Le seul avec Philippe à l’avoir obtenu du premier coup. Champion !
Quelques hivers plus tôt, pour le 1er de l’an, comme d’habitude nous
allions déjeuner chez les beaux-parents.
Il neigeait. Pour éviter de trop salir les chaussures et a fortiori la salle à manger, Claude descend la pente cimentée qui mène au garage. L’accès en était glissant. Il fallait avancer
à très petits coups, le pied toujours sur le frein, sans s’énerver, en maîtrisant parfaitement sa vitesse. Pleine d’admiration devant une telle
dextérité, je m’étais exclamée : « Il est fort, papa ! » ce à quoi, Phil alors âgé de quelques petites années avait rétorqué : « Tu parles, c’est
pépère ! » Ah ,ingratitude des enfants…
…
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